Hommage à feu Elhadj Somah Dioubaté décédé jeudi dernier en France

Hommage à feu Elhadj Somah Dioubaté décédé jeudi dernier en France

Somah Dioubaté est né à Morigbédou à 40 km de Kankan où son père Guédy Dioubaté issu d’une très grande famille noble et originaire de SETIYA , région de Siguiri s’était installé. Ce dernier grand cultivateur et riche commerçant est venu en aide à beaucoup de familles pauvres autour de lui en payant les impôts de tout le village et en aidant beaucoup de familles. Malheureusement, il est décédé alors que son fils Somah n’avait que 8 à 9 ans.

C’est alors qu’il a beaucoup souffert, les biens de son père ont été dilapidés, il a été envoyé dans les champs puis chez un ami intime de son père à Kankan.

A l’école de Kankan il était estimé par son maître français qui venait le prendre chez lui s’il n’était pas en classe… Dès l’âge de 15 ans, il a commencé à travailler pour subvenir aux besoins de sa mère et de ses frères et sœurs. Il a travaillé dans les travaux publics à OSSUD et participé à la construction du pont de Gueckédou comme chef de travaux et de nombreux autres travaux dans la région, et il également servi dans la police avant l’indépendance.

Plus tard, quelques années après la création du RDA, il est devenu un militant actif, à du s’exiler au Cameroun où il voulu s’engager dans l’armée mais sa famille s’est interposée. Revenu en Guinée quelques années avant l’indépendance, il a poursuivi la lutte pour l’indépendance de la Guinée avec Toumani Sangaré, ce qui lui a valu les foudres d’un certain nombre de Kankanais.

Souhaitant toujours devenir militaire, le Président Sékou Touré lui avait promis de l’envoyer à Fréjus pour sa formation. La veille de son départ pour Fréjus, il découvre que son nom a été retiré de la liste et remplacé par un autre. Il manifeste son mécontentement au Président Sékou Touré et c’est alors que le Ministre Fodeba Keita lui propose de le mettre sur la liste suivante, ce qu’il refuse catégoriquement. Il est alors placé en résidence surveillée et réussi à s’enfuir et arrive en France en 1961.

Il y suivra des cours de détective, travaille dans différentes sociétés dont Air Import ( Société d’importation et de distribution de pièces détachées d’avion) où il s’épanouit car très apprécié par son employeur et par Marcel Dassault.

En 1967, il décide de rentrer en Guinée, suite à l’arrestation de son jeune frère , délivré entre-temps grâce à Madame Delphine Béavogui. A peine un mois après son retour avec son épouse française il constate amèrement que son parent qui l’avait incité à rentré lui a menti. Rentrant de France, marie à une française, il est catalogué comme « contre-révolutionnaire ». On lui propose la direction de la police routière , il refuse car il ne peut pas arrêter des personnes innocentes sur simple dénonciation sans aucune preuve.

Ayant appris que des proches préparaient un coup d’état, il décide de quitter aussitôt Conakry et s’installe dans sa famille à Kankan. Début 1969, après l’échec du coup d’état , un nombre impressionnant d’agents de renseignement le surveillent. Il décide alors de quitter la Guinée, demande officiellement d’envoyer sa femme en France pour des soins et essuie un refus. Une seule solution se présente à lui « fuir avec sa famille »mais pas dans l’improvisation. Cela demandera beaucoup de préparation. Le 28 septembre 1969, il embarque en toute discrétion avec sa famille dans un camion de transport à destination de Bamako. Malgré cela, arrivé à la frontière, tout le poste frontalier est à sa recherche.

Après plusieurs heures de pourparlers, il parvient à partir avec sa famille. Arrivé à Bamako, il appelle un ami en Côte d’Ivoire commandant de gendarmerie qui lui demande de le rejoindre. Il y séjournera jusqu’en 1996. Les débuts en Côte d’Ivoire ont été difficiles, il travaille à l’ambassade du Canada comme chef du protocole avant de crée sa société de construction et de rénovation des bâtiments. Vivant mal son départ de la Guinée, il devient membres actif du CONAL ,mouvement d’opposition dont faisait partie le Docteur Conté SAIDOU, Charles Diané, Kamano pour ne citer que ces personnes qui se sont battues pour la Guinée, il fera partie de ce mouvement d’opposition jusqu’à la mort du Président Sékou Touré.

Puis après le coup d’Etat avorté du premier ministre Diarra Traoré, il est contacté par un groupe d’officiers guinéens qui ont échappé à l’arrestation et sont réfugiés en Côte d’Ivoire pour mener à nouveau le combat de la démocratie. Quelques mois après, leur mouvement (CLAIRON) ayant pris une certaine ampleur il est contacté par Alpha Condé qui a son propre mouvement et souhaite fusionner les deux mouvements. Il accepte mais très tôt des divergences voient le jour et il démissionne.

En 2018, ayant abandonné le combat politique, il crée avec son épouse l’association Soleil de Guinée dont il sera le vice-président pour pallier au manque de moyens d’éducation en Guinée. Monsieur DIOUBATE Somah, s’en est allé en paix dans son sommeil entouré de l’amour des siens à l’âge de 87 ans. Paix à son âme !

Par Mme DIOUBATE Monique

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Categories: Société

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