Guinée, Dix années d’égocentrisme et de malédiction, c’en est trop (par Aliou Baldé)

Guinée, Dix années d’égocentrisme et de malédiction, c’en est trop (par Aliou Baldé)

Cent dix mois se sont écoulés depuis l’organisation de la première élection présidentielle la plus ouverte. Les Guinéens n’ont toujours pas la totalité de leurs institutions républicaines. Face à ce qui ressemble à un manque volonté du régime d’aller au terme du processus, l’Opposition et la société civile s’indignent sans pour autant faire assez pour conforter la démocratie guinéenne.

Voilà presque dix ans que ces acteurs ne s’accordent pas sur les modalités devant aboutir à l’installation des conseils communaux et à la désignation des membres de la Haute Cour de justice. En effet, si la Guinée ne boucle toujours pas sa transition politique, c’est simplement parce que les différents acteurs, notamment la communauté internationale avait voulu renvoyer l’armée le plus vite possible. Cette douloureuse expérience est un cas d’école. Et d’ailleurs, les partenaires étrangers présents à nos côtés tout au long du processus, ont tout fait pour éviter les mêmes erreurs dans certains pays à savoir : le Burkina, le Niger et le Mali qui ont tous connu des changements de régime ces dernières années. Mais avec la grande différence de relever les défis électoraux. Contrairement à la Guinée qui totalise trois scrutins contestés, dont deux dénoncés par la mission d’observation électorale de l’Union européenne.

C’est ainsi dire que si la Guinée est permanemment dans une situation de crise, il ne faut pas chercher les causes ailleurs. Elles sont internes et les responsables sont connus de tous. Tantôt c’est entre l’administration et des particuliers, ou encore le gouvernement qui ne se comprend pas avec des structures syndicales. Le pire dans tout ça, c’est l’interminable tension entre le pouvoir et l’opposition. Cette dernière accuse l’exécutif de bafouer les règles du jeu démocratique lorsqu’il est surtout question de faire face à ses obligations constitutionnelles. Entre les deux camps, c’est déjà près de dix longues et difficiles années pour le peuple de Guinée qui s’enfonce chaque jour dans la misère.

Nous devons mettre fin au cycle d’occasions manquées. Les compromis ou arrangements entre politiciens ne sont pas propres qu’à notre pays. Des accords politiques sont un détail que toutes les démocraties ont connu. C’est une approche alternative qui ne doit toutefois détourner les orientations républicaines. Il faut donner une chance à nos lois. Lorsque nos lois sont respectées, la première conséquence c’est de pouvoir vivre dans un pays stable puisque les élections ne seront plus contestées. La course à l’enrichissement illicite sera dans la poubelle de l’histoire. Et ainsi, le pays aura une chance de se développer.

Tant que vous avez l’occasion de donner une chance au dialogue, profitez-en. Mais nos institutions et les lois de la République doivent fonctionner correctement afin de consolider les bases de l’héritage pour toutes les filles et tous les fils du pays. Faites-le avec intelligence car la Guinée en a vraiment besoin.

Aliou Baldé
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Categories: Point de vue

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