La Guinée ne mérite-t-elle pas Tierno Monénembo ?

La Guinée ne mérite-t-elle pas Tierno Monénembo ?

De petites dames, de petits messiers, des « cathodiques », émergeant d’une foule de personnes sans qualités ni mérite, pour ainsi reprendre l’heureuse expression du Pr. Jean-Marie Cotteret. C’est une ribambelle d’individus toujours repêchés à l’école, de rescapés de la vie, de haineux, d’incompétents, de jaloux, d’arrogants, de violents, de prostitués politiques, des compradores, des gens qui « mangent à la même table que ceux qui mangent l’Afrique »….Voilà sommairement brossés l’identité et le profil de ceux qui, à cœur joie, s’attaquent régulièrement à l’éminent écrivain et grand homme de culture guinéen, Tiérno Monénembo.

BREF RAPPEL SUR L’HOMME

Sans m’étendre sur l’immensité de son œuvre connue et sa biographie universellement accessible en un clic, je rappellerai, ici, deux de ses prix internationaux : le Prix Renaudot qui lui a été décerné en 2008 et le Grand Prix de la Francophonie (2017). Ce dernier est la plus prestigieuse récompense de l’Académie française, doté de 30 000 euros.

Docteur ès sciences après avoir présenté une thèse en biochimie à l’université de Lyon, Tiérno Monénembo a, par la suite, enseigné au Maroc et en Algérie. Depuis 2007, il est Visiting Professor à Middlebury College (Vermont, USA). Il est considéré par l’ONG Ouest France comme le plus grand écrivain de l’Afrique en ce moment.

ENUMERONS QUELQUES ‘’CRIMES’’ DE TIERNO MONENEMBO…

Ses prises de position sur la marche de son pays. Son engagement intellectuel et citoyen. La qualité de sa plume et sa voix audible qui fait autorité dans un milieu où les plus gradés n’ont que la licence ou le master, qu’ils ont obtenu après s’être sortis du pays. Son seul crime, c’est d’avoir appelé le chat un chat. Ce qui fait mal, c’est quand il tente de donner un nom à ce qui a toujours fait défaut dans ce pays : la gouvernance. N’est-ce Albert Camus qui disait à juste raison : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde, c’est nier notre humanité ». Abondant dans le même sens, Jean Paul Sartre ira plus loin, en disant : « L’intellectuel est quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». Retenons : un intellectuel qui perd son esprit critique n’en est pas un. Je ne sais pas comment le faire comprendre à certains.

L’IDEOLOGIE AMBIANTE QU’IL URGE DE DECONSTRUIRE

La confusion voulue et savamment entretenue consistant à confiner les intellectuels et les hommes de culture à l’université, où bien dans des espaces loin de l’arène politique, est une idéologie tributaire de notre histoire politique. C’est une stratégie dont les différents régimes se sont toujours servis pour écarter les compétents, les brillants et les vertueux. Laissant ainsi le terrain libre aux arrivistes, aux fougueux, aux médiocres qui ont toujours occupé le devant de la scène. La situation politique et sociale actuelle est très éloquente. C’est une catastrophe sans précédent.

CE QUI ME DONNE ENVIE DE POUFFER…DE RIRE

Quand j’entends souvent des gens soutenir que Tiérno Monémbo doit strictement rester dans le cadre universitaire et scientifique. Ou bien des propos tels : « J’aime Tiérno Monénembo l’écrivain, mais pas le politique ». Ces genres d’énormités, il faut un pays comme le nôtre pour les entendre de manière récurrente et navrante. Ces conneries et contradictions, il faut avoir eu l’histoire tragique qui a été la nôtre et de ce que j’appelle « le drame de l’intellectuel guinéen » pour les entendre. Plus qu’une fierté nationale, Tiérno Monénembo est une légende internationale, on n’y touche pas.

Mamadou Yaya BALDE,
Journaliste indépendant et essayiste.

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Categories: Point de vue

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