Municipales en Turquie : le candidat de l’opposition en tête à Istanbul (AFP)

Municipales en Turquie : le candidat de l’opposition en tête à Istanbul (AFP)

Selon le président du Haut-Comité électoral, les résultats partiels montrent Ekrem Imamoglu en tête face à l’ex-Premier ministre Binali Yildirim.

Le président du Haut-Comité électoral (YSK) de Turquie a déclaré lundi 1er avril que les résultats partiels montraient le candidat de l’opposition à Istanbul en tête des élections municipales de dimanche après que les deux candidats ont revendiqué tour à tour la victoire. Le candidat de l’opposition, Ekrem Imamoglu, a obtenu 4 159 650 voix contre 4 131 761 pour l’ex-Premier ministre Binali Yildirim, candidat de la majorité, a déclaré Sadi Güven, précisant toutefois que des recours étaient en cours d’examen pour un peu plus de 80 urnes.

S’ils sont confirmés, ces résultats seraient dévastateurs pour le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a pesé de tout son poids dans la campagne, en faisant un plébiscite sur sa personne en pleine tempête économique. Dimanche soir, les résultats pour Istanbul étaient actualisés au compte-gouttes par l’agence étatique Anadolu, qui a toutefois subitement arrêté de les actualiser dans la soirée. Binali Yildirim a d’abord revendiqué la victoire, avant d’être rapidement imité quelques heures plus tard par Ekrem Imamoglu.

100 meetings en moins de deux mois

Sous la menace d’un vote sanction lors de cette élection qu’il a présentée comme vitale pour la « survie de la nation », Recep Tayyip Erdogan a tenu plus de 100 meetings en moins de deux mois. Mais, à Istanbul, cœur économique et démographique du pays dont Recep Tayyip Erdogan a lui-même été maire, le parti islamo-conservateur AKP était en grande difficulté face au bloc de l’opposition constitué du CHP (social-démocrate) et de l’Iyi (droite), soutenu par les prokurdes du HDP.

Recep Tayyip Erdogan a déjà essuyé un revers cinglant avec la perte de la capitale Ankara, que l’AKP et ses prédécesseurs islamistes contrôlaient depuis 25 ans. Selon Anadolu, le candidat de l’opposition Mansur Yavas y a battu le candidat de l’AKP Mehmet Ozhaseki, avec 50,9 % des voix contre 47 % après le dépouillement de 99 % des urnes. Signe toutefois qu’il ne laissera pas lui échapper les deux principales villes du pays sans coup férir, l’AKP a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi qu’il déposerait des recours pour réexaminer la validité de dizaines de milliers de bulletins considérés comme nuls.

« Corriger des faiblesses »

« Nous allons utiliser jusqu’au bout les recours juridiques à notre disposition, nous ne laisserons pas la volonté des habitants d’Ankara être dénaturée », a déclaré le secrétaire général de l’AKP Fatih Sahin. Selon Anadolu, 290 000 votes ont été comptés comme nuls à Istanbul et 90 000 à Ankara. L’opposition, qui redoute des fraudes, a de son côté exhorté ses observateurs à « ne pas dormir lors des 48 prochaines heures » pour surveiller les bureaux de dépouillement des urnes. S’exprimant dimanche soir au siège de son parti à Ankara, Recep Tayyip Erdogan s’est efforcé de voir le bon côté des résultats, soulignant qu’avec plus de 51 % des voix, la coalition formée par l’AKP et les ultranationalistes du MHP était arrivée en tête à l’échelle nationale.

Mais alors que sa coalition a perdu des grandes villes comme Antalya et Adana (Sud), en plus d’Ankara, le chef de l’État a reconnu qu’il allait devoir « corriger des faiblesses ». Les résultats obtenus par l’opposition à Ankara et Istanbul sont d’autant plus remarquables que l’AKP a bénéficié d’une visibilité écrasante dans les médias, pour la plupart contrôlés par le pouvoir. Pour nombre d’électeurs rencontrés par l’Agence France-Presse dans les bureaux de vote à Istanbul et Ankara, le sujet numéro un de ces élections était l’économie.

Alors que l’AKP s’est appuyé sur une forte croissance pour engranger les victoires électorales depuis 2002, il a dû, cette fois-ci, composer avec la première récession en 10 ans, une inflation record et un chômage en hausse. « Erdogan a pris un risque en transformant ce scrutin en une élection nationale. […] Cette défaite va être considérée comme la sienne », estime Berk Esen, professeur associé à l’université Bilkent, à Ankara. Ce scrutin boucle un cycle électoral de huit scrutins depuis 2014 qui a polarisé le pays. Rappelant qu’aucune élection n’était prévue avant 2023, Recep Tayyip Erdogan a affirmé, dimanche, qu’il allait s’atteler aux « réformes économiques ».

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