Crise dans l’éducation : la Guinée est en train de capituler face à un cartel

Crise dans l’éducation : la Guinée est en train de capituler face à un cartel

Depuis fin 2016, l’école guinéenne est paralysée par une crise persistante. A l’origine, il y a le syndicat de l’éducation qui réclame une amélioration des conditions de vie et de travail à travers l’application du contenu d’un protocole signé en 2007 et l’augmentation des salaires. Le premier point a été satisfait par le pouvoir actuel mais le second attend pour dit-on, conformer le pays aux exigences des partenaires financiers, dont le fond monétaire international (FMI).

Les deux dernières années scolaires ont donc été fortement perturbées occasionnant même des pertes en vies humaines, lors des manifestations en faveur de l’école courant 2007 et 2008. C’est dans ce contexte de tensions que le bras de fer persiste. Plus de deux mois après la rentrée officielle, le boycott des classes n’est pas à démontrer. Et malheureusement, on ne sait pas jusqu’à quand cela va durer. Nous ne sommes pas également dans la possibilité de voir une solution de sortie de crise pointée à l’horizon.

L’année scolaire 2018 – 2019 vit au rythme d’une période difficile et assez complexe. L’incompréhension entre les autorités publiques et le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) conduit dangereusement la Guinée vers une année blanche. Cette éventualité a même été évoquée par élu du parti au pouvoir, qui cachait difficilement son mépris pour les enseignants. Mais ce qui est préoccupant aujourd’hui, c’est le peu d’intérêt s’il en existe encore un seul que les autorités de ce pays ont pour l’avenir des filles et fils de Guinée pour lesquels le droit à l’éducation est comme un exercice de philosophie mal compris. Le président de la République en personne ne rate pas l’occasion de dire que ‘’ l’éducation guinéenne est malade ? ‘’ Mais depuis sa première élection à la tête du pays, il y a huit ans, qu’a-t-il fait pour qualifier le système éducatif ?

A part les quelques discours de bonnes intentions et ‘’ les infrastructures ‘’ ces milliers de salles de classes que le gouvernement peine encore à nous montrer, personne même pas Alpha Condé ne peut revendiquer objectivement des résultats positifs dans le secteur de l’éducation. Il suffit de lire la Loi des finances, qui est à l’image de la volonté du gouvernement pour savoir la place qu’on accorde à la formation des jeunes. Il faut donc que les structures de la société civile, en tout cas les quelques rares personnes qui incarnent certaines valeurs doivent sortir du mutisme, de l’inaction pour aider ce pays en facilitant le retour effectif des enfants dans les écoles.

Il est vrai que la tâche ne sera pas facile. Parce qu’il y a tellement d’intérêts partisans qui militent contre une synergie d’action. Ce qui est dans l’ordre habituel des choses mais cela ne doit pas être une raison pour justifier le silence des personnes de valeurs. Car si nous ne faisons rien pour mettre fin à cette crise qui perturbe l’école guinéenne, on aura capitulé face à un cartel qui refuse de garantir à nos enfants, nos frères et sœurs la possibilité d’étudier librement dans leur pays. Cet engagement dépasse les intérêts de chacun de nous. C’est un devoir patriotique pour tous les Guinéens.

Aliou Baldé
+224628006243 / contact@lepointplus.info

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