Crise dans le secteur de l’éducation : année blanche ou invalidée ?

Crise dans le secteur de l’éducation : année blanche ou invalidée ?

Qu’est-ce qu’une année blanche ? D’emblée, on peut dire qu’une année scolaire ou universitaire répond à des normes internationales. Elle est validée selon certains critères, notamment la durée, l’accréditation, la mise en œuvre physique et psychologique, le profil des enseignants et ses apprenants. En clair, une année scolaire ou universitaire peut être dite blanche ou invalidée lorsque ses enseignements et activités annexes sont entièrement ou partiellement invalidés pour des raisons multiples et diverses. Pour le cas actuel, les grèves ne permettent plus d’atteindre le volume horaire requis par l’Organisation des Nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), à savoir 25 semaines de cours par an.

N’empêche, dans les pays accueillant de fortes communautés d’étudiants étrangers, l’année blanche et l’année invalidée ne reviennent pas toujours au même. Si les deux notions se valent toujours du point de vue des enseignements, la différence intervient généralement au niveau des répercussions sur le cursus des apprenants. En termes de conséquences, si l’année scolaire est invalidée, les élèves sont condamnés à reprendre leurs classes et ceux qui ont déjà repris sont fatalement être exclus. Par contre, si l’année est déclarée blanche, c’est le statu quo. Tous les élèves reprennent leurs classes. Ici, on note qu’il n’y a aucune répercussion sur le cycle. Celui qui est en première année, par exemple, reprend l’année sans être un redoublant, de même que le «cartouchard». L’inconvénient à ce niveau, c’est que cette année est malgré tout décomptée lorsqu’on veut se faire recruter à la Fonction publique ou à d’autres emplois exigeants sur l’âge d’accès. Au bout de leur cursus, certaines personnes peuvent être privées d’une telle opportunité du fait d’un dépassement de la limite d’âge.

L’année va-t-elle être blanche ou invalidée ?

Une année scolaire ou universitaire est validée, selon les normes internationales, lorsqu’elle remplit les conditions nécessaires de programmation, de durée, d’accréditation, d’implémentation physique et psychologique, de profil pour les enseignants et les apprenants, entre autres.

Inversement, une année scolaire ou universitaire est dite blanche lorsque ses enseignements et activités annexes sont entièrement ou partiellement invalidés pour des raisons multiples et diverses.

Une année blanche comme une année invalide signifient l’invalidation des enseignements, mais les deux diffèrent de par leurs conséquences. Quand une année est invalide, les étudiants en subissent les conséquences dans la mesure où les passants redoublent leur année et ceux qui sont en position de cartouche sont exclus.

Dans le cas d’une année blanche, c’est le statu quo : tout le monde reprend. Mais, il n’y a aucune répercussion sur le cycle. Celui qui est en première année par exemple reprend l’année sans être un redoublant, de même que le cartouchard.

Toutefois, l’inconvénient à ce niveau, c’est que cette année est malgré tout décomptée lorsqu’on veut se faire recruter à la Fonction Publique. En effet, certaines personnes, au bout de leur cursus, peuvent être privées d’une telle opportunité du fait d’un dépassement de la limite d’âge fixée pour le recrutement, parce tout simplement elles ont connu une année blanche.

Pour le moment, aucun mot d’ordre en faveur de la reprise des cours n’a été donné. Et le statu quo devrait demeurer certainement jusqu’à satisfaction complète des revendications des enseignants. Il appartient donc au gouvernement de se prononcer sur cette situation afin d’ôter le doute des esprits des élèves et de parents d’élèves.

Bien qu’elles s’équivalent au plan des enseignements et que rien ne soit précisé dans la législation nationale, l’année blanche et l’année invalidée présentent généralement quelques spécificités, notamment sur le cycle. Quelles sont les conséquences qui peuvent découler de cette situation ?

L’année scolaire 2018 est vraiment compromise. Et les spéculations vont bon train quant à ce qu’elle doit être. Certains élèves disent être déjà dans une situation d’une année blanche. Les parents d’élèves, enseignants et autorités étatiques rejettent pareille solution et se disent prêts à sauver l’année. Au fait, quelles peuvent être les conséquences selon qu’on opte pour l’une ou l’autre possibilité ? Qu’on soit enseignants, élèves ou même simple citoyen, on sait nettement qu’une année blanche ne peut être que catastrophique pour un pays. D’abord sur le plan humain, précisément du côté des ap¬prenants, cela signifie une an¬née perdue dans sa vie scolaire.

Conséquences d’une telle situation

Une année durant laquelle l’élève et son enseignant n’existeraient pas dans la société, cela peut être lourd de conséquences. Car la dé¬motivation est là, comme première tentation. Et elle a de forte chance de vaincre sa cible. No¬tam¬ment dans notre pays d’aujourd’hui ou les jeunes pensent plus à être des musiciens et autres footballeurs, au lieu de rêver d’être demain à la place de leurs professeurs.

Pour ceux qui auront la motivation d’aller jusqu’en classe de Terminale et avoir le bac, certains parmi eux peuvent voir les portes de certains concours leur être fermées, à cause de leur âge. En fait nombreux sont les concours où une limite d’âge est fixée. Et pour peu que le candidat ait une année de plus, il peut être disqualifié d’office. Sans compter les préinscriptions pour poursuivre les études à l’étranger qui seront tous annulées.

En mars 2018, le comité de négociation avec le SLECG, invitait les différentes parties à reprendre le travail dès le lendemain de la signature du protocole d’accord qui renvoyait le troisième point après les examens nationaux. A en croire à la résolution, deux des trois points de revendication des syndicalistes avaient été pris en compte par le gouvernement.

Mais, depuis lors les négociations n’ont repris et les cours n’ont plus depuis le 3 Octobre 2018. Du coup, l’on s’interroge sur le sens, la portée et les conséquences d’une éventuelle année blanche.

Pour les enseignants, ils considèrent que le gouvernement a opté pour l’année blanche. Car, ont-ils justifié : «En trois, mois il sera impossible clôturer l’ensemble des programmes de l’année scolaire».

Que fasse le gouvernement la réalité réconforte les positions tranchées du Premier Ministre et du SLECG ?

Pour un Professeur en situation de Classe de Terminale dispensant :

1- Le Cours de Math en Terminale Mathématique et Terminale SE
8 Heures par classe de math et 4heures par classe de SE et par semaine soit : 8 x2 + 4= 20 heures / Semaine soit une masse horaire de 80 heures par mois et 240 heures pour trois mois c-à-.d un trimestre.

Dans un programme d’enseignement de vingt cinq semaines de cours, lorsque nous perdons 12 semaines l’année est complètement compromise. Elle est soit à invalidée, soit déclarée blanche.

2- Faudrait-il supprimer tous les congés et vacances pour compenser les trois mois de perte de cours ?

Si tel était le cas alors des conséquences d’ordre physique, psychologique et morale affecteront les enfants et leurs parents et conduirait à des imprévus de tous genre.

3- Pour ce qui est du contenu de l’enseignement, il est difficile voire impossible d’exécuter le programme comme il se doit. Même en repoussant les examens au mois de septembre, il n’est pas garanti que les élèves terminent leur programme. Encore qu’il ne faut pas terminer pour terminer. Mais surtout comprendre. Or, il n’est un secret pour personne que les élèves seraient moins concentrés aux mois de juillet et septembre. Les professeurs ont su noter comment la courbe de la motivation baisse à partir de la mi-juin. Pour des élèves dont la baisse du niveau inquiète de plus en plus, passer à une classe supérieure avec encore des lacunes en plus est synonyme de préparer l’échec massif qui arrivera soit en classe de Terminale ou inévitablement à l’université.

4- Au-delà de l’année, il est donc grand temps de se pencher sur le système, le sauver, avant qu’il ne soit trop tard !

L’Etat Guinéen doit absolument négocier au risque :

D’UNE ENORME PERTE SUR LE PLAN ECONOMIQUE

Sur le plan économique, c’est une énorme perte. Le régime actuel a toujours crié à cor et à cri qu’il in¬jecte assez dans le budget dans l’éducation. Même si ce chiffre est peu convaincant, les observateurs évaluent faible le budget de l’Education.

Malgré ceci, la Guinée ne peut pas se payer le luxe d’un investissement à perte . Et ceci est sans compter les sacrifices incalculables consentis par les parents d’élèves pour en¬voyer leurs enfants à l’école. Avec tout ce que cela comporte en termes de dépenses, comme fournitures, habillement, nourriture et transport.

D’UN CONFLIT ENTRE PUBLIC ET PRIVE

Par ailleurs, s’acheminer vers une année blanche pourrait ins¬taller un conflit entre le public et le privé. Car, laisser certains va¬lider leur année parce qu’ils ont les moyens de se payer des études pourrait être interprété par certains comme une scolarité à deux vitesses. Elle est même une violation à l’égalité des chances. Quelle qu’en soit la raison, laisser les uns composer pendant que les autres se tournent les pouces.

De la même façon, il n’est pas admissible que des gens qui ont payé leur argent et ont fini leur programme conformément à la loi se voient interdire d’examens et de passage en classe supérieure, parce tout simplement leurs camarades étaient dehors pendant qu’eux suivaient les cours. Eux qui se sentent déjà assez bousculés par une situation qui ne les concernent pas seraient davantage frustrés et pourraient être tentés par la réaction. Tout ceci fait qu’aller vers une année blanche ne peut qu’être lourd de conséquences.

Toutefois, autant cette première option comporte des inconvénients évidents, autant sauver l’année à pareil moment en présente aussi.
Enfin, il est regrettable que le tableau de constats faits sur les systèmes éducatifs francophones soit peu reluisant :

Laxisme et irresponsabilité constatés tout d’abord dans le fonctionnement même du système : tous ceux qui ont pratiqué les systèmes éducatifs des pays d’Afrique subsaharienne francophone savent que, bien souvent, le mot « examen » ne veut plus rien dire. Du primaire aux facultés, les résultats des contrôles de connaissance sont rarement exempts d’irrégularités, faisant même l’objet de négociations où élèves et enseignants et même parents finissent par banaliser la fraude, la malhonnêteté et l’inutilité de l’effort.

La banalisation de la tricherie et du laxisme peut être datée, et il est singulier de constater que, bien souvent, elle fut contemporaine – n’ayons pas peur de le souligner – de l’achèvement du processus d’africanisation des cadres du système. Au risque de choquer, nous rappelons que l’école de l’époque coloniale ne transigeait pas avec la tricherie. À cette école-là, on peut reprocher l’inadaptation, l’orientation coupée des nécessités du développement économique. Mais l’objectivité oblige à reconnaître qu’elle cultivait le sens du travail bien fait et l’obligation d’effort. Cet esprit de sérieux et de rigueur se maintint à peu près jusqu’au milieu des années soixante-dix. La glissade accélérée vers le laxisme, à partir de là, interpelle directement les cadres nationaux, responsables administratifs, enseignants et parents. Elle indique que là comme ailleurs, nous avons nié la nécessité de l’effort, et encouragé les marchandages.

DIALLO Mamadou Saliou
Maitres es Sciences Physiques
Ancien Elève Normal Sup/Maneah
Syndicaliste
dialloms57@gmail.com

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Categories: Point de vue

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