Ce que la Guinée a gagné en 2010 est en train de disparaître au profit d’une ambition dictatoriale

Ce que la Guinée a gagné en 2010 est en train de disparaître au profit d’une ambition dictatoriale

On nous avait promis la prospérité. Mais aujourd’hui, huit années après l’arrivée de ce régime l’on se demande à quand la Guinée va-t-elle retrouver une réelle stabilité économique ? A quand le pays aurait-il la chance d’avoir un gouvernement intelligent ? Une administration véritablement publique ? Et des institutions qui respectent les engagements légitimes ?

Le président de la République, Alpha Condé, a tenu d’énormes discours de bonnes intentions mais jusque-là, les résultats se font attendre, notamment dans le cadre de l’emploi jeunes, de lutte contre la course à l’enrichissements illicites et des droits de l’Homme. A la veille de la présidentielle de 2010, on espérait un nouveau souffle après le renvoi des putschistes du CNDD. Autrement dit, on avait l’espoir que le pays serait mieux géré avec des autorités civiles et surtout avec un chef de l’Etat, qui revendique des dizaines d’années de combat pour le respect des libertés fondamentales. Les Guinéens avaient cru qu’avec un régime ‘’ démocratique ‘’ que personne ne serait au-dessus de la loi ? Seulement, avec le refus d’achever la transition politique, on a le droit d’interroger ceux qui parlent et agissent au nom de la Guinée pour savoir ‘’ ce qu’ils ont fait avec le soutien des Guinéens ?’’

Les difficultés financières et économiques que rencontrent les populations et les graves dysfonctionnements dans la gouvernance ne rassurent plus. Et pour les éclairés, le président Condé n’incarne pas un vrai projet. Son régime a fui face à ses responsabilités de punir ceux qui contribuent à maintenir le pays dans la pauvreté, surtout que parfois même des malversations financières documentées grâce aux enquêtes de certains observateurs indépendants n’encouragent pas les autorités à enquêter pour situer les responsabilités. En 2016, un audit des marchés publics a mis en nu les failles dénoncées quotidiennement par l’opposition, la société civile et à quelques occasions par le président en personne. Par exemple, il avait promis de lutter contre la corruption mais il ne s’attaque pas aux dossiers de détournements. Cette situation n’est pas de nature à rétablir la confiance et rehausser le niveau de crédibilité du pays à l’international.

Sur le plan institutionnel, les institutions ne respectent pas aujourd’hui tous les engagements légitimes. Il n’y a même pas de volonté. C’est pourquoi, il y a des organes qui attendent leur installation. C’est le cas de la Haute Cour de justice et le Haut conseil des collectivités locales. L’absence de ces deux institutions est la preuve que les bons élèves sont devenus peu soucieux pour la marche démocratique. La démocratie est en régression en Guinée. Ce qu’on a gagné avant 2010 est sur la voie de disparaitre au profit d’une ambition dictatoriale visant à déstabiliser le peu qui nous reste. Parce que certains n’ont aucun intérêt de vivre dans un pays qui se conforme aux exigences modernes. C’est l’occasion idéale de rappeler à tout le monde qu’il est temps de mettre en place une politique responsable.

Les acteurs sociaux et politique doivent se rappeler à tout moment que lutter contre les dérives démocratiques est un devoir patriotique, qui va permettre à chacun de nous de sauver ce pays. C’est ainsi dire que le véritable combat doit-être celui d’aider la démocratie, pas de sauver les couleurs d’un Parti. Il est temps de comprendre cela et de l’intégrer en nous.

Aliou Baldé
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Categories: Point de vue

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