Travail – Justice – Solidarité : la Solidarité militante expliquée (opinion)

Travail – Justice – Solidarité : la Solidarité militante expliquée (opinion)

Il est une idée préconçue et admise presque naturellement que l’ordre d’une devise comme la nôtre serait sacré. Le respect de sa trilogie n’entraîne pas forcément celui de son ordre, fut-il traditionnel. D’ailleurs, une devise peut aussi se résumer en une phrase; tout comme pourrait-il, peut-être officieusement, être porté à plus de trois mots, chargés d’histoire.

Dignité, Liberté, Fierté; ils ne seront pas en complément de la devise, mais force est de reconnaître qu’ils ont une résonance toute particulière dans la conscience populaire. Ils ont un effet mobilisateur et fondent tout militantisme ayant le souci de la pédagogie.

Une devise est un repère inspirant; la nôtre n’en fait naturellement, pas exception. La conception traditionnelle du travail est qu’il offre un statut social; par la justice, nous affirmons notre attachement au principe d’égalité cher à l’humanité; par la solidarité, il est fait une sorte d’hymne à la fraternité, à la nécessité de l’entraide.

Notre devise reste un condensé de valeurs, d’objectifs, de missions, de projets de société et concourant à l’émancipation, à l’épanouissement et à la prospérité.

Cette devise a aussi une portée philosophique nécessitant un cadre de pensée pour en faciliter la compréhension, et en assurer donc la promotion. Le travail de pensée consiste à donner libre cours à l’imagination, à la créativité. Soumis au principe du contradictoire pour en éprouver la croyance, il est le refus du conformisme ambiant, la rupture d’avec tout système d’aliénation.

La pensée est, avec toute proportion gardée, un élément de souveraineté.

Dans l’imaginaire collectif, il est devenu banal de réduire la manifestation de la Solidarité à celle de la générosité ou de la charité.

Cette facilité cultivée occulte son aspect militant et forge à notre insu une mentalité d’assistés. La Solidarité a aussi une signification militante, l’esprit solidaire est un rempart contre l’empiètement de droits et le mépris affiché de la classe dirigeante. Sa mise en accord active et en l’absence de toute considération subjective, est la meilleure traduction du rapport entre la communauté de destin et celle d’action. Ce même devoir de solidarité suscitera la conscience historique qui établit l’unité politique à la veille de l’accession à la souveraineté nationale.

L’esprit militant qui fonde cet élément de notre devise nationale a même imprimé son universalité dans l’indéfectible soutien apporté aux différents peuples. C’est un devoir d’humanité, une action sacrificielle pionnière pour que vive le panafricanisme! La flamme de la liberté et de la justice est inextinguible.

Aujourd’hui, nous vivons le temps de la démocratie désincarnée qui continue de nourrir les illusions d’une jeunesse désenchantée et en quête de repère. Ce temps est malheureusement, celui de l’indifférence, or l’indifférence est un drame.

L’éveil de conscience pour une action concertée se dessine progressivement. Seulement, nous peinons à réaliser que les nobles intentions sont le triomphe de l’inaction. La solidarité militante et citoyenne doit être la norme et instaurée, car plus que jamais, le devoir patriotique nous appelle. Le quotidien des populations nous interpelle sans cesse.

Il est une conception étriquée qui veut que l’élite intellectuelle soit réduite au seul parcours académique. Tout comme l’instruction y mène, la faculté de compréhension des réalités et la force de propositions en ont aussi le mérite. L’apport social explicatif du mérite social n’est pas un fait de langue étrangère. L’instruit-e, contrairement à l’opinion répandue, n’a l’apanage du statut d’intellectuel-le. Être intellectuel est une responsabilité, c’est-à-dire la conscience d’être investi d’une mission. Noblement, il est porteur dans un esprit collectif du destin des autres. Fort de cela, l’intellectuel est un contrepouvoir objectif, une voix légitime qui s’interdit de travailler à la ruine, à l’échec de l’intérêt général.

Il est une autre facilité qui considère absolument la classe dirigeante comme l’élite d’une société, la lanterne. Cependant, il est un fait que leur complicité est au détriment de l’intérêt supérieur. Celle-ci confrontée au principe de réalité, devrait-elle trouver en l’intellectuel, l’incarnation de la conscience sociale, la sentinelle des valeurs et principes.

Son goût de la liberté domine celui du lucre; se confondant au corps social, sa conscience politique s’en trouve renforcée. Les services mondains sont une opportunité de compromission, un luxe qu’il ne doit se permettre. Il est un drame que l’intellectuel-le soit un-e militant-e inculte.

La culture de la conscience patriotique, essentielle à l’assimilation de la communauté de destin et qui engage celle de l’action, est une mission de l’éducation nationale souveraine. Notre système éducatif a grand besoin d’être objectivé.

C’est symptomatique. Notre difficulté à construire un débat contradictoire pour soutenir un dynamisme intellectuel reste révélateur. Sans distance critique, notre génération dans un vœux pieux de changement générationnel spontané, reproduit inconsciemment ce qu’elle reproche aux aînés. Une certaine conception malsaine de l’exercice politique; nous nous éloignons du chemin d’un changement positif. Le choc légitime des ambitions n’est pas une excuse à la dispersion, au contraire cela devrait-il favoriser l’émergence d’un leadership éprouvé et incarné. L’heure est grave, il est temps d’accorder solidairement nos efforts, nos violons pour faire enchanter le rêve national.

En éternels optimistes, ce chemin sera balisé et le rêve deviendra réalité. L’espoir dans sa réalisation, en dépit du pessimisme gagnant les esprits et semant le doute, est porté par une minorité consciente, convaincue et résolue. Et, sa foi dans cet investissement imprimera un effet d’entraînement de la conscience collective, laquelle triomphera à coup sûr de l’égoïsme et de l’égocentrisme.

Certes, l’horizon s’assombrit mais sa détermination à toute épreuve, fera naître cette lueur d’espoir !

Notre Solidarité est notre force !

Pourquoi cette difficulté d’intégration de la notion Solidarité ? Qu’en est-il dans son expression militante ?

Solidarité, c’est le cœur qui assiste et l’esprit convaincu qui se bat;

Être Solidaire donc,

c’est avoir à la fois, le goût du travail, la passion de la justice, le souci du collectif.

Notre devise vaut bréviaire. Elle garde, dans sa quintessence et par sa philosophie, une tacite intimité avec le privilège accordé à l’humain, la promotion du droit, l’éloge de la fierté, le raffermissement du tissu social et in extenso, l’assurance de la prospérité.

La Paix, finalité recherchée, est transversale. Ce trésor est caché dans notre devise.

À mes Compatriotes,

Citoyen,
A.PENDESSA

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Categories: Point de vue

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