L’habillement indécent des jeunes filles est une remise en question de la socialisation

L’habillement indécent des jeunes filles est une remise en question de la socialisation

Jeans déchirés, croque-top, check-down, joumbax-out…Dans un avenir proche, très proche, elles seront en costume d’Adam et l’on parlera de la mode des nudistes. C’est à se demander, pour qui s’habillent ces jeunes adolescentes ?

Cette question a tout son sens, si l’on refuse de se laisser piéger par l’apparence de liberté dans le port vestimentaire de ces adolescentes. Elles sont plutôt exposées, à longueur de journée, au diktat de la mode qui utilise toute sorte de manipulations pour repousser les frontières du marché du vêtement.

Dans un monde où l’habit fait le moine, l’on peut aisément comprendre que ces jeunes filles soient jugées par leur apparence. Et pour éviter la marginalisation, ces jeunes qui se disent au Top, se fondent dans la masse, par mimétisme «inintelligent» dont elles ignorent les véritables ressorts. Ce comportement vestimentaire s’observe dans nos lycées et collèges où plus d’une élève est rejetée par le groupe au motif qu’elle n’est pas dans l’air du temps. Ces jeunes «traumatisées » par le regard « évaluateur » des autres, finissent par se conformer à ce qu’on leur montre au lieu d’être soi-même. Et quand elles mordent à l’appât de la publicité, ce sont les pauvres parents qui doivent maintenant subir les caprices de ces jeunes.

L’adolescence est cette étape de la vie où le jeune cherche des modèles. C’est pourquoi, il n’est pas toujours évident, pour ces ados, d’assumer leur propre vision des choses, encore moins un style vestimentaire en marge de celui du grand nombre.

Ces jeunes filles qui arborent fièrement, parfois avec une absence déconcertante de pudeur, ces croque-top, sont en âge où le corps se transforme. Surtout, celles qui sont fières de leurs formes, n’hésitent pas à se servir de leur corps comme appât. Comme si elles réduisaient simplement leur corps à un tas de chair et de muscles, sans lien avec l’esprit.

Ces modes qui exhibent les parties les plus sensibles du corps fonctionnent comme des marqueurs sexuels. C’est pourquoi l’attitude de certains parents est parfois difficile à comprendre lorsqu’ils semblent encourager ces ados à s’habiller comme elles l’entendent, sous prétexte que leur âge peut justifier toutes les folies. Qu’est-ce qu’ils font de la socialisation, de l’éducation où il est demandé à l’individu de tenir compte des autres ?

L’habillement indécent des jeunes filles est une remise en question de cette socialisation, des valeurs qui cimentent les liens sociaux. Il n’est pas simplement un assemblage de morceaux de tissus, le vêtement informe sur notre personnalité et nos origines sociales. C’est un état d’esprit que l’on véhicule, un message qu’on envoie aux autres, en somme, le port vestimentaire est une communication non verbale.

Ces jeunes filles qui se disent au top, ont tout perdu jusqu’à la liberté de choisir, par conséquent elles ne savent pas ce qu’elles font.

Bacary Domingo MANE

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Categories: Point de vue

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