Me Elhadj Diouf, croit savoir pourquoi Cellou n’est pas devenu Président

Me Elhadj Diouf, croit savoir pourquoi Cellou n’est pas devenu Président

S’exprimant devant les médias ce dimanche à Conakry, l’avocat sénégalais de l’UFDG, Me Elhadj Diouf, ancien ministre et actuel député, a expliqué comment Cellou Dalein Diallo, a été écarté du pouvoir en 2010 avec la complicité des dirigeants de la transition. Des extraits poignants.

« Celui-là qui a été exclu de l’UFDG, qui a signé un deal avec le président Alpha Condé, qui demande maintenant à l’UFDG de ne plus s’opposer, mais c’est Bah Oury. Donc, lui, il est instrumentalisé pour détruire l’UFDG. Dans sa sinistre entreprise de déstabilisation et de destruction de l’UFDG, il a promis d’aller jusqu’au bout et avait même proféré des menaces. Comme l’a dit mon confrère, tout est orienté. Le complot est clair et évident. Le pouvoir, largement minoritaire dans le pays, veut détruire la principale force politique de Guinée, l’UFDG, qui est de loin, la plus grande force la plus représentative dans le pays, et qui empêche certains de dormir.

C’est dire qu’on s’achemine vers un procès politique de liquidation d’adversaires encombrants. Parce qu’on a peur de Cellou Dalein Diallo, disons-le net et précis, c’est lui qui a gagné l’élection présidentielle de 2010, et qui, aujourd’hui, aurait dû être à la tête de l’Etat guinéen. Vous le savez bien, le second tour s’était tenu quatre mois après. Dans ce contexte, ce n’est plus la même élection. Mais une nouvelle élection. Malheureusement, la communauté internationale a été complice. De la Francophonie à l’Union européenne, jusqu’à d’autres institutions malhonnêtes, instrumentalisées et corrompues, on a voulu laisser la Guinée dans un Etat anti-démocratique. 

Comment peut-on avoir 50% au premier tour, bloquer les résultats de Ratoma pour que Cellou ne passe pas au premier tour en disant qu’on a perdu les PV de Ratoma ? J’étais là en 2010. Cellou aurait dû être proclamé dès le premier tour mais les résultats de Ratoma ont été bloqués. Si on avait additionné les résultats de Ratoma à ses 43%, Cellou serait président depuis 2010. Mais on l’a refusé. Mieux, on a attendu quatre mois pour magouiller avec les responsables de la transition, les Sékouba, feu Jean Marie Doré, Louceny Camara, Toumany Sangaré envoyé par Abdou Diouf, un général malien, alors que le code électoral guinéen dit qu’il faut être de nationalité guinéenne pour diriger la CENI. Le code électoral dit également que le président de la CENI est élu par ses membres. On a violé toutes les lois. Mais la Cour Suprême ne pouvait pas faire autrement parce que c’était la force contre le droit. 

Ainsi, le vrai président de Guinée de 2010 a été écarté du pouvoir par la volonté de Sékouba Konaté et feu Jean Marie Doré. J’étais là en 2010. Sinon, comment quelqu’un qui a près de 50% peut-il perdre une élection au profit d’un autre qui a moins de 20%, en plus il a été le troisième avec lui fort de ses 15%, mais c’est fou. Il faut êtr Africain pour accepter certaines réalités. En Europe, là où on parle de la raison cartésienne, qui aurait accepté cela ? Mais nous, Africains, quand est-ce serions-nous un peuple majeur ? Personne ne dit rien au sein de la communauté internationale. Parce qu’il y a Abdou Diouf et sa Francophonie derrière. Soyons sérieux ! L’Afrique doit décoller enfin. Nous ne méritons pas cet état d’arriéré et ce peuple de moyen-âge. Le monde est devenu un village planétaire mais l’Afrique est en marge. Nous sommes en marge du monde, malheureusement. Ce qui se passe en Afrique ne se passe nulle part au monde. Quand est-ce serions-nous un peuple majeur ?

Ce qui s’est passé en 2015, est-ce une élection ? Avez-vous vu les listes électorales ? Les électeurs cherchent difficilement leur nom partout ? Ils ont retenu les cartes d’électeurs dans les fiefs de Cellou, y compris au Sénégal. Là où Alpha est majoritaire, ils ont distribué les cartes à 98%, personne ne dit rien dans la presse internationale surtout. L’Union européenne vient, elle reconnaît les dysfonctionnements importants mais soutient que l’élection s’est bien passée. De qui se moque-t-on ? 

Ces dysfonctionnements n’auraient pas eu lieu en Angleterre, en Allemagne, en France. On laisse faire les dysfonctionnements, on chasse les représentants de l’opposition dans les fiefs où Alpha Condé est majoritaire pour bourrer les urnes. Personne ne dit rien. Cela va-t-il honorer l’Afrique ? Mais quand est-ce l’Afrique sera-t-elle un peuple majeur mon Dieu ? Le pouvoir-là, on va mourir. Seul le pouvoir de Dieu est éternel. Où est Jean Marie Doré aujourd’hui ? Demain, où sera Elhadj Diouf ? Ou sera Cellou Dalein ? Ou sera Alpha Condé ? Le pouvoir politique n’est pas éternel. Que les gens pensent à leur tombe surtout ? On est prêt à tout pour le pouvoir jusqu’à tuer ce journaliste ? On dit que c’est l’UFDG, mais c’est encore la manipulation. 

Ce jeune journaliste n’a rien contre l’UFDG. Ce n’est pas un anti-UFDG. Entre l’agresseur et celui qui est agressé, qui est  fautif ? Les gens étaient en réunion, calmement, paisiblement, à leur siège, une réunion présidée par Cellou, le président du parti, celui qui est exclu du parti, qui est devenu l’ennemi, Cellou a tout fait pour le récupérer pour l’amener à la raison, mais comme il est mu par autre chose, il a osé dire qu’il faut travailler avec Alpha, mais un pays sans opposition est un pays malade. L’opposition fait vivre la démocratie. Mais lui, quand il a été gracié, qu’a-t-il fait avec Alpha ? Il est venu, il a trouvé un parti fort depuis que Cellou a pris en charge ce parti. Il a installé partout le parti. Aujourd’hui, c’est la principale formation politique du pays. Où était-il ? Cellou a résisté malgré les moyens du pouvoir en place ? 

Avez-vous vu son dernier jour de campagne électorale le 8 octobre, mais le pouvoir a fui, n’a pas osé tenir son meeting en invoquant des raisons sécuritaires parce que la démonstration de force de Cellou allait balayer tout sur son passage. Qui pouvait tenir tête à Cellou ? Qui pouvait montrer une foule aussi immense que Cellou comme le jour de son retour triomphal à Conakry ? Qui pouvait montrer la même capacité de mobilisation, il n’y en a pas un dans ce pays ? J’ai suivi moi aussi, Cellou, c’est mon ami. 

Cellou est un non-violent comme Gandhi. S’il voulait instaurer la violence, on ne parlerait pas de ce jeune mort. On aurait parlé plutôt des milliers de morts. Maintenant, ce qu’on veut faire croire aux Guinéens, Cellou aurait été à la base des jeunes guinéens tués ici. Son camp a enregistré une cinquantaine de morts dans les manifestations. On veut faire croire que Cellou est violent. Non, il n’est pas violent. Un chef d’Etat m’a dit à Addis-Abeba en 2010 mais ton ami-là, il veut prendre le pouvoir comme ça lui, parce qu’il est trop pacifique, trop non-violent. Parfois, il faut y aller carrément. Je lui ai répondu que Cellou est comme ça, on n’y peut rien. Il préfère le peuple au pouvoir, il préfère épargner son peuple. D’autres à sa place auraient fait descendre les militants pour créer une situation d’ingouvernabilité. Cellou est un choix de Dieu, un diamant pour les Guinéens. L’homme est instruit, expérimenté. Il a été ministre et premier ministre. Il a fait ses preuves lors de son passage dans le gouvernement, le peuple de Guinée l’a adopté. Pas seulement la communauté peuhle. Il a dépassé ces considérations réactionnaires. C’est un homme de rassemblement et de consensus. Pour le peuple de Guinée, Cellou est un don de Dieu. 

Ses agresseurs sont venus l’attaquer parce que, certainement, ils sont soutenus sachant qu’ils sont défendus. Un proverbe Wolof dit que “qui est audacieux a, certainement, un appui derrière”. Si celui-là qui est gracié, s’il ose venir, après son exclusion du parti, avec des bandits, c’est qu’il se sent soutenu, il a une force derrière lui, mais cette force obscure et réactionnaire sera démantelée par la grande force populaire incarnée par l’UFDG et son leader charismatique, Cellou Dalein Diallo. 

J’ai appris qu’on dit que le journaliste est mort au siège de l’UFDG. Non, il faut le rectifier. Mais aux alentours. Le siège, juridiquement, est un emplacement, une superficie, un périmètre, des installations. Aux alentours, dans la rue, il y a eu mort d’homme. Mais pas au siège de l’UFDG. Je le rectifie. Qu’on cesse de nous rabâcher de dire partout, j’ai lu sur l’internet à Dakar qu’il y a eu mort d’homme au siège de l’UFDG, c’est faux. C’est la manipulation. Il y a eu mort d’homme dans la rue. On n’a pas trouvé un mort dans le bureau de Cellou, dans sa salle de réunion, ou à l’intérieur du siège. Il y a eu mort d’homme dans la rue où il y avait les agresseurs. Ces agresseurs ont tué le journaliste. L’UFDG était en réunion. Ils n’étaient pas dehors. On va tuer quelqu’un pour mettre sur le dos de Cellou pour détruire son parti et l’empêcher de prendre le pouvoir. Parce qu’il y a deux mandats. Cellou est patient. Il sait que seule la vérité est révolutionnaire. Le pouvoir politique n’est pas éternel. Comme il est dans le cœur des  Guinéens, tôt ou tard, il sera un jour là-bas au palais. Il dérange. Chez les Wolofs, on dit que personne ne peut rien contre la volonté divine. Aucun être humain n’est éternel, président, premier ministre, député, juge. Donc, attention, disent les Allemands. Avez-vous vu Gbagbo, il était puissant président ivoirien ? Et Me Abdoulaye Wade, il est à Paris, son fils en prison ? Pourtant, Wade a régné sur le Sénégal pendant douze ans. Il m’avait nommé ministre. J’étais ministre. Aujourd’hui, je suis député de l’Assemblée nationale du Sénégal depuis deux mandats. Le pouvoir peut rendre fou, mais il n’est pas éternel. Avez-vous vu Blé Goudé et Gbagbo à la Haye. Je dis attention. Que les gens sachent raison garder. 

Avec Guineenews.org

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Categories: Politique

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