Et si on arrêtait un peu…?

Et si on arrêtait un peu…?

Semer le doute est un jeu dangereux lorsque des institutions publiques sont ciblées. Le cas Ousmane Gaoual Diallo occupe depuis lundi, 03 juillet la UNE des discussions publiques. Cela fait suite aux actions en cours contre le député de l’UFDG, qui semble t- il est en train de payer le prix de son engagement politique. Une embarrassante affaire à la fois pour le pouvoir et la famille politique du jeune parlementaire. Mais, ce qui est aussi inquiétant c’est le fait de constater que cette situation risque de causer plus d’ennuis aux acquis de notre système démocratique.

En effet, le mot «dérives» est sans doute  assez fort pour qualifier les poursuites contre cet élu de l’opposition mais, il est inconcevable de rester silencieux alors que des autorités commettent l’irréparable pour servir des calculs politiques. Nous sommes dans un pays qui prône la séparation des pouvoirs, et cela entraîne de facto l’indépendance de la justice quoique très discutable. Aujourd’hui, c’est naturellement un tout autre message que des puissants envoient  à l’opinion publique.

Ces faits et gestes doivent  interpeller chaque citoyen, qui se bat pour des valeurs républicaines. La démarche des mécontents du jugement du député Ousmane Gaoual Diallo laisse planer le doute sur l’idée qu’ils se font du principe de la séparation des pouvoirs. Incertitude aussi quant au respect qu’ils ont pour les institutions qui, de par leur mandat, doivent être indépendantes des pressions de l’exécutif. Et surtout dans un contexte de l’omnipuissance d’un exécutif qui contrôle, par ailleurs, le législatif.

De passage, il faut retenir que lorsque des individus ayant une responsabilité au sein de la vie publique osent traduire leur amertume en propos capables de détruire des acquis du système démocratique, il y a  de quoi s’interroger. Naturellement, ces gens ne sont peut-être pas conscients qu’ils participent à la destruction d’un système qui sert aussi leurs intérêts. Ils doivent comprendre que tout exercice qui consiste à entacher la crédibilité d’une institution clé dans un mécanisme dans lequel ils sont maîtres, ne peut que se retourner contre eux. Même grisés par le pouvoir, ils doivent appréhender les conséquences de l’absolutisme.

Il est d’une expérience éternelle que  le mal causé par des propos irresponsables peut ne pas être perceptible dans l’immédiat. Mais, le poison instillé dans les esprits, sous l’impulsion et l’émotion, peut générer bien des dégâts. Et c’est là où le dérapage de ces derniers jours devient encore plus préoccupant.

Ronger la confiance du peuple dans une institution comme le judiciaire, c’est démarrer une phase dangereuse, l’ensemble d’un système qui assure aux guinéens un minimum d’ordre et de liberté. Le diktat que subit la justice finit par intégrer les esprits et si cette tendance malsaine persiste, la Guinée se dirige droit vers la déconstruction de sa démocratie déjà fragile et la faillite généralisée de toute sa société.

Oui, des gens peuvent soutenir et démontrer qu’ils étaient là, car cela peut toujours servir, mais ils doivent le faire sans mettre le feu aux institutions qui garantissent l’épanouissement de notre état de droit et la démocratie dans notre pays.

Aliou Baldé

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Categories: Actualité, Politique

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