Scandale NSA:  les amis s’espionnent entre eux depuis des millénaires!

Scandale NSA:  les amis s’espionnent entre eux depuis des millénaires!

 

C’est avec prudence, embarras et un brin de pragmatisme que la presse américaine relaie depuis mardi 23 juin au soir la révélation, par WikiLeaks, Mediapart et Libération, de la mise sur écoute d’au moins trois présidents français (Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande) par l’Agence nationale de sécurité (National Security Agency, NSA), entre 2006 et 2012.

Une étude faite par le quotidien français Lemonde, révèle que plupart des grands sites américains ne consacrent pour l’instant qu’une couverture très factuelle aux révélations. The New York Times et The Washington Post n’ont publié qu’un seul article chacun, repris de l’agence Associated Press (AP). Cette dernière relaie les informations avec précaution, insistant sur « l’absence de confirmation immédiate de l’authenticité des documents », tout en soulignant cependant que WikiLeaks avait déjà révélé de nombreux documents authentiques par le passé.

« Embarras diplomatique » aux Etats-Unis

The Wall Street Journal avance avec la même prudence, évoquant des documents encore non authentifiés et la volonté politique de n’espionner « qu’en cas de menace pour la sécurité intérieure », citant un porte-parole du Conseil de la sécurité nationale. Le quotidien économique reconnait toutefois que deux ans après les premières révélations d’Edward Snowden, ces nouvelles découvertes sont crédibles, et vont « probablement ajouter du feu aux relations transatlantiques déjà tendues à propos de la surveillance ».

Le journal  estime par ailleurs que les relations franco-allemandes pourraient également en pâtir, alors que des révélations récentes du Monde ont montré que le Service fédéral de renseignement allemand (Bundesnachrichtendienst, BND) a pratiqué, en France, des surveillances téléphoniques pour le compte des Américains.

AP se veut plus sobre. « Les nouvelles révélations devraient causer un embarras diplomatique pour les Américains, et ce même si les amis s’espionnent entre eux depuis des millénaires », explique-t- elle dans une dépêche depuis modifiée.

L’agence américaine mentionne également le projet de loi sur le renseignement qui doit être voté définitivement mercredi 24 juin. « Les défenseurs de la vie privée et groupes de défense des droits de l’homme ont dénoncé cette loi de surveillance française votée mercredi, qui permettrait au gouvernement d’installer des boîtes noires pour collecter des métadonnées de chaque entreprise téléphonique et fournisseur d’accès à Internet dans l’espoir d’empêcher des attaques imminentes. » AP ajoute que la France affirme se différencier de la surveillance de grande ampleur des Etats-Unis.

« Nouveau scandale d’espionnage » en Europe

Dans la presse européenne, c’est plutôt l’agacement et l’inquiétude face à un « nouveau scandale d’espionnage », comme le rapporte El Pais, qui prédomine. Dans un climat d’incertitude, le quotidien italien La Républica qui publie également les documents de WikiLeaks, se demande ainsi ouvertement si le site fondé par Julian Assange « détient des télégrammes diplomatiques concernant l’Italie et ses leaders ».

De son côté, Der Spigeal, qui avait révélé au printemps que le BND avait collaboré avec la NSA, se contente de relever le contenu des documents de WikiLeaks, et le fait que « François Hollande se soit plaint auprès de la chancelière Angela Merkel que celle-ci ait abandonné les Grecs ».

La chaine BBC s’interroge sur la provenance des informations révélées par WikiLeaks. « Nous ne savons pas si ces matériaux viennent de documents volés par l’ancien consultant de la NSA Edward Snowden », déclare Gordon Corera, le spécialiste en sécurité de la BBC, sur le site de la radio.

The Guardian, qui consacrait dans la nuit la « une » de son site à la réunion d’urgence convoquée mardi soir par François Hollande, relève quant à lui les paradoxes de la loi sur le renseignement. « Ces révélations sont faites alors que la France donne à ses services de renseignement et de surveillance de nouveaux pouvoirs controversés pour combattre les réseaux djihadistes, avec davantage d’autorisations pour espionner les téléphones et surveiller massivement Internet », insiste le quotidien britannique.

En Espagne, le quotidien El Pais restitue également que le dernier amendement, finalement retiré, du projet de loi sur le renseignement français prévoyait même la possibilité d’espionner les étrangers de passage sur le territoire.

En Amérique du Sud, la surprise prédomine, mais le ton reste mesuré. « La France est l’un des principaux alliés des Etats-Unis », ne manque pas de rappeler le site brésilien O Globo, très engagé dans la dénonciation de la surveillance de la NSA.

Russia today, principal site d’information russe anglophone en ligne, connu pour ses positions critiques vis-à-vis des Etats-Unis, évoque de manière très affirmative « la première partie d’une série de documents prouvant que la NSA a espionné de hauts dignitaires français ».

 

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