François Hollande, trois années de tâtonnements

François Hollande, trois années de tâtonnements

Ce 6 mai, François Hollande souffle les bougies de ses trois premières années passées à l’Elysée. Trois ans après le début de son mandat, le président français est déjà, tout entier, tourné vers 2017. Mais il lui reste 700 jours pour remplir l’une de ses promesses phares : si le chômage ne baisse pas, il a promis qu’il ne se représentera pas.
François Hollande est à l’Elysée depuis mille jours. Il lui en reste sept cents pour parvenir à ses fins. Car, sans le dire, François Hollande est désormais entièrement tourné vers 2017. Mais pour mener la bataille pour sa réélection, il lui faudra être candidat. Et le chef de l’Etat le dit et le répète : si le chômage ne recule pas d’ici à la fin du quinquennat, il ne se représentera pas. Un engagement déjà pris en 2013, quand il avait promis « l’inversion de la courbe ».
Finalement, la hausse continue du chômage est devenue un boulet pour le président. Alors, quand François Hollande, optimiste, répète à longueur de déplacements « Vive la reprise économique ! », dans sa majorité on se montre bien plus prudent. Et très peu bavard sur la baisse du chômage. Poser la question au député de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg, c’est s’entendre répondre : « Je ne sais pas si le chômage va baisser, si le pire est derrière nous. Je n’en sais rien ». Quant à la députée de Corrèze, Sophie Dessus, elle « espère qu’on va sortir de cette crise », mais dans un soupir, elle précise : « Mais je ne peux pas vous dire : ” J’en suis sûre, c’est passé “. »
Majorité divisée et peu optimiste
Autre gros défi pour François Hollande : le rassemblement de sa majorité. Lessivée, divisée, la gauche n’en finit pas de se chamailler. Avec le Front de gauche, la rupture est désormais consommée : ses députés ont voté la motion de censure sur la loi Macron.
Avec les frondeurs socialistes, le débat reste parfois musclé. Mais les proches du président en sont sûrs : ils seront minoritaires au congrès du PS à Poitiers, en juin. Un ami de François Hollande décrit d’ailleurs un président transformé, libéré, depuis que Martine Aubry est rentrée dans le rang.
Restent les écologistes, qui demandent des gages pour revenir au gouvernement. « Le rassemblement de la majorité au Parlement et au gouvernement n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour réussir et faire voter un certain de nombre de réformes, juge ainsi le député EELV (Europe Ecologies-Les Verts) François de Rugy. Il faudra prendre des mesures sur les transports la pollution de l’air, des dossiers peu traités jusqu’à présent. »
François Hollande compte en tout cas beaucoup sur un succès de la Conférence sur le climat, prévue en fin d’année 2015 à Paris, pour verdir son bilan. Le président a aussi prévu de donner davantage de signaux à sa gauche, dans les prochains mois, et de parler plus justice sociale et égalité.
Un problème d’image
Dans les prochains mois, François Hollande va aussi travailler son image. Il a même déjà commencé, en faisant davantage de rencontres sur le terrain. Quinze déplacements en France, depuis mars, et cela va s’accélérer. « Je veux aller à la rencontre des Français », dit-il à ses collaborateurs. Dans cette course à la reconquête, le président a désormais un nouvel avantage : il a redoré son blason lors des attentats de janvier. La question de sa « présidentialisation », comme disent les sondeurs, est derrière lui.
Reste son impopularité persistante. Mais « ce n’est pas forcément un handicap majeur, juge Jérôme Sainte-Marie, directeur de l’institut Pollingvox. On se souvient qu’en 2012, Nicolas Sarkozy a été battu. On se souvient moins qu’il l’a été de peu. Il lui a manqué 1,5 point, alors que deux ans avant le scrutin il était donné battu, avec 20 points de retard. Il a réussi à remonter la pente durant la campagne, et François Hollande espère que le même phénomène jouera pour lui, mais de manière plus importante, qu’il pourra l’emporter à la fin ».
En attendant la confrontation, il ne reste en fait à François Hollande qu’une seule année pour réformer. Dès la rentrée 2016, les désignations des candidats de la droite et de l’extrême-droite vont pousser François Hollande à sortir du bois.
par RFI

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